08/01/2026
À peine 10 ans après Mai 68, tous les milieux sociaux s'étaient libérés, ou presque. En tout cas, c'est ce que pensait Diane. Les métiers dits "de bureau" avaient explosé après-guerre, et ils étaient en plein essor. Diane était une belle femme de cette nouvelle classe sociale qu'on appelait "moyenne", pour partie issue de la petite bourgeoisie, ainsi que du prolétariat, pour ceux qui avaient su profiter des 30 Glorieuses pour se hisser jusque-là. Diane était un vrai produit de son époque. Elle adorait la mode et s'était abonnée à deux revues sur le sujet grâce à son salaire de secrétaire dans un journal local en plein boom. Elle aimait aussi beaucoup lire, des polars particulièrement, parce qu'ils étaient du genre transgressif.
La transgression, elle avait ça dans le sang. Biberonnée aux idées de la révolution féminine en marche, Diane vivait seule par choix. Non pas qu'elle n'aimait pas les hommes, bien au contraire! Elle les aimait virils, et même un brin cynique. Oui, elle aimait les hommes qui savaient la mener sur les chemins de l'insolence. Elle aimait par-dessus tout l'ébullition qui faisait le quotidien de son travail. Ces hommes pleins d'engouement qui braillaient leurs ordres, ces machines qui fonctionnaient sans arrêt, ces réunions qui se passaient dans des salles qui humaient bon la sueur, l'alcool et le tabac. Ces hommes-là vivaient à fond, sans se soucier de quoi demain serait fait. Et par-dessus tout, elle aimait les regards qu'ils posaient sur elle lorsqu'elle leur apportait de quoi s'hydrater ou se sustenter. Parfois, même, elle appréciait qu'une main hardie se pose sur ses hanches, voire carrément sur ses fesses. Mais uniquement lorsque c'était fait discrètement, et par un homme avec qui elle aurait pu coucher. Hors de question que ce gros lard de Jacques ose ne serait-ce que poser son regard plein de graisse sur ses fesses rondes, par exemple. Car Diane n'hésitait pas à faire un scandale lorsqu'elle n'appréciait pas quelque chose de ce genre. Elle savait comment s'y prendre et auprès de qui se plaindre pour ne pas passer pour une mégère un peu trop prude.
Parce que s'il y avait bien une chose que Diane n'était pas, c'était prude! Et ce soir-là, elle allait encore se le prouver. Car la liberté sexuelle est un combat à mener tous les jours, particulièrement lorsque l'on est une femme, et elle le savait pertinemment. Enfin, tous les jours… Il ne fallait pas exagérer, quand même. Diane ramenait facilement un homme chez elle, mais pas tous les jours, non plus. Pour le quotidien, elle avait son "masseur de joue". Elle était persuadée que certains hommes ne se doutaient pas une seconde de l'utilisation qu'en faisait leur femme!
Diane se préparait donc à sortir. Elle donnait du volume à sa crinière dorée et fignolait sa frange, avant de passer sa combinaison pantalon rouge, avec son joli décolleté. Serrée à la taille, elle mettait son joli cul en valeur, en plus de lui permettre de ne porter aucun sous-vêtement. Ses ongles étaient fraîchement vernis de rouge, couleur de la passion, et elle se maquilla attentivement devant la glace. Juste ce qu'il fallait sans en faire trop. Elle termina en passant son collier doré qui attirait subtilement le regard vers son décolleté. Avant de sortir, elle s'assura que son appartement était en ordre. Elle avait beau savoir que si elle ramenait un homme ce soir, il n'en aurait sûrement rien à faire de l'état de son appartement, elle mettait un point d'honneur à ce que tout soit parfait. D'ailleurs, elle mettait toujours des draps propres sur son lit.
Le bar sur lequel elle avait jeté son dévolu pour cette soirée était déjà bien rempli. Le comptoir n'était heureusement pas assailli. C'était là qu'elle se plaçait toujours. Parce que tout le monde passait forcément par là et la remarquerait. Une jeune et belle femme seule dans un endroit bondé d'hommes enivrés par l'alcool. Elle ne restait jamais seule bien longtemps.
Elle s'installa donc au comptoir. La musique était entrainante (du disco dont la basse était au moins aussi ensorcelante qu'une piña colada bien fraîche), les discussions allaient bon train, les rires fusaient. Elle se posa sur un tabouret, au beau milieu du comptoir, et sourit au barman avant de lui commander un gin tonic menthe concombre. Pendant qu'il s'affairait joyeusement en rythme avec la musique, elle s'alluma une cigarette et regardait autour d'elle. Des groupes d'hommes et de femmes, pour beaucoup, où les hommes semblaient parler entre eux, et les femmes riaient entre elles. Rien de nouveau pour Diane. Elle fut plus intéressée en voyant deux hommes assis à une petite table, qui discutaient visiblement d'une affaire importante. Ou peut-être étaient-ils simplement en train de refaire le monde. Ils étaient chics, dans leur costume. L'un des deux était brun aux cheveux courts, un visage assez rude qui plaisait beaucoup à Diane. Le deuxième avait des traits plus enfantins. Il était plus souriant, semblait plus avenant. Diane préférait l'attitude du premier, mais le deuxième avait des cheveux clairs, fins et brillants, bien plus longs que ceux du premier. Elle s'imaginait déjà s'y agripper en jouissant bruyamment.
Dès qu'elle vit ce dernier poser les yeux sur elle (sûrement se sentait-il scruté par la belle blonde au comptoir), elle se mordit discrètement la lèvre inférieure. Et comme si le barman l'avait fait exprès, il vint poser le verre devant elle et elle dut quitter le contact. Timing parfait, se dit-elle. Elle sourit joyeusement au barman et glissa un billet en lui disant de garder la monnaie. Il lui sourit de plus belle et reprit son travail après l'avoir remerciée. La cloche du pourboire sonna et des acclamations joyeuses se firent entendre.
Diane regardait maintenant devant elle. Le contact avait été pris, et c'était à l'homme de faire le reste. Elle n'eut pas le temps de terminer sa cigarette qu'elle se retrouva entourée des deux hommes. Elle remarqua immédiatement leurs alliances et sourit intérieurement.
-- Mon ami et moi souhaitions vous offrir ce verre, mais vous nous avez devancés, lui dit le brun d'un ton un peu rustre qui fit vibrer Diane. Il faudra en boire un autre, ajouta-t-il avec un sourire en coin.
Ayant maintes fois entendu les blagues que se faisaient les hommes, elle lui répondit en minaudant un peu:
-- Ça tombe bien, je ne repars jamais sur une seule jambe.
L'autre ne disait rien et restait près d'elle en la déshabillant littéralement du regard. Elle se tourna légèrement vers lui, se mordit à nouveau la lèvre en tressaillant de toute son âme de se faire dévisager ainsi. Un instant, elle eut l'impression d'être totalement nue.
-- Je m'appelle Diane, lui dit-elle en trinquant avec lui.
-- Enchanté Diane. Moi, c'est Pascal.
-- Enchanté Diane, répondit le brun en trinquant à son tour. Michel. Vous attendez quelqu'un, peut-être?
-- Oh non, malheureusement! Disons que… je suis plutôt en recherche de compagnie.
Les dés étaient jetés. Il n'y avait qu'un nigaud pour ne pas comprendre ce qu'elle venait de dire. Et ni Michel, ni Pascal ne l'était. Ils se regardèrent une seconde, d'un air entendu.
-- Voilà qui est heureux, lui lança Pascal. Nous ne serions pas contre une bonne compagnie nous aussi.
Discrètement, il avait posé sa main dans le bas de son dos. Elle s'était attendue à ce que Michel soit le plus entreprenant des deux, mais elle ne s'en soucia pas. En fait, elle se rendit compte que Michel était sûrement le moins à l'aise dans cette situation. Malgré tout, alors que Diane but une bonne gorgée de son breuvage, il se risqua lui aussi à mettre la main dans son dos. Elle le regarda sur sa gauche, puis Pascal sur sa droite. Un instant, elle s'imagina les ramener tous les deux chez elle. Sucer Michel pendant que Pascal la prendrait en levrette, puis vice versa. Qu'il devait bon d'être aimée par deux hommes en même temps! Ce genre d'idées la rendait lascive, mais elle revint à la réalité avant de complètement déraper. Diane aimait contrôler les choses, et il lui serait impossible de contrôler deux hommes en rut sous l'emprise de l'alcool. Elle termina alors son verre d'un trait, l'abandonna sur le comptoir, et posa directement ses mains sur l'entre-jambe des hommes qui l'entouraient. Par réflexe, et surpris par ce geste, ils se regardèrent l'un l'autre, comme si l'affaire était entendue et que la soirée se terminerait à trois.
-- Messieurs, leur dit-elle d'un ton un peu pompeux en massant légèrement leur bosse qui commençait à se former. Il est temps de me payer ce verre.
Michel s'empressa de héler le barman et commanda un gin tonic menthe concombre, une bière pour lui et un whiskey pour Pascal, pendant que le serveur souriait en regardant les mains de Diane s'appliquer à les faire grossir.
-- Je dois vous dire quelque chose, murmura-t-elle presque, de façon à ce qu'ils doivent se pencher pour l'écouter. Nous sommes trois… Et mon lit n'a que deux places. Sachant que j'en prends une, je serais obligée de n'en choisir qu'un… pour ce soir, en tout cas.
Pour alors, elle les sentait déjà bien durs, l'un comme l'autre. À travers les tissus, elle avait du mal à jauger, mais Michel semblait plus épais, alors que Pascal plus long. Elle avait ajouté ces derniers mots parce qu'elle n'arrivait pas à décider lequel des deux elle préférait. Elle voulait les deux. Alors elle se jura que celui qu'elle n'aurait pas ce soir, elle l'aurait un autre jour. Elle remarqua bien leur mine un peu déconfite par la déception, et un instant, elle crut qu'ils allaient la délaisser. C'est alors que lui vint une idée qui lui fit un peu honte. Elle n'aurait jamais osé leur dire ça si elle avait reconnu quelqu'un dans la salle. Mais après tout, le barman lui-même ne semblait pas avoir été outré par les palpations qu'il avait surpris. Elle se lança donc, dans l'espoir de revoir les deux hommes sourire:
-- Je vous propose un petit jeu, leur dit-elle avec un air mutin.
Aussitôt, leurs mines déconfites se changèrent en intérêt soudain.
-- Je m'occupe de vous, avec mes mains. Ici, au comptoir. Le premier de vous deux qui jouit paye la tournée. L'autre vient chez moi. En compensation, celui qui aura payé la tournée pourra demander mon adresse à l'autre, et aura le droit de venir, n'importe quel mercredi de ce mois-ci, à partir de 22h, sonner à ma porte pour avoir le droit à son tour… Qu'en dites-vous?
-- J'en suis! s'exclama gaiement Michel.
Pascal ricanait un peu nerveusement, mais Diane savait qu'il accepterait aussi, à voir l'étincelle qui brillait dans ses yeux. Le barman arriva avec les boissons et les posa avant de repartir, appelé par d'autres clients.
-- Nous cherchions une bonne compagnie, lui répondit enfin Pascal. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi excellente!
Sur ce, il défit lui-même sa braguette et sortit son engin. Diane ricana en voyant les clients capables de voir ce qui se passait avoir un visage outré. Mais à sa grande surprise, personne ne fit scandale. Chacun reprit sa discussion comme si de rien n'était, ou presque. Michel avait suivi son ami dans le geste et bientôt Diane se retrouva à les caresser en même temps. Elle les caressa d'abord de toute leur longueur. Elle aimait aussi malaxer les boules, alors elle les fit sortir des pantalons. Après tout, puisqu'il n'était plus question de discrétion, autant qu'elle prenne tout le plaisir qu'elle pouvait. Elle commença par Michel, en lui souriant, décalottant son gland en passant sa deuxième main par-dessous pour attraper ses bourses et les sortir de là. Un instant, elle prit sur elle pour ne pas se pencher et le sucer. Le jeu était qu'elle ne devait utiliser que ses mains. Elle passa donc à Pascal et fit de même.
Rapidement, Michel parut encore le moins à l'aise des deux. Il s'alluma une cigarette et plongea le nez dans son verre alors que Diane se mettait à les astiquer plus franchement. Pascal, lui, vint plus contre elle et posa une main sur sa cuisse. Elle se léchait les babines en se demandant laquelle de ces queues allait la faire jouir ce soir.
-- Vous avez les mains douces, Diane, lui dit Pascal en caressant sa cuisse.
-- Et expertes, rajouta Michel en essayant de se détendre.
-- Et vous, messieurs, êtes si durs…
Diane était trempée d'excitation. Même le fait de s'appliquer à prodiguer la même pression, les mêmes caresses d'un côté comme de l'autre, n'entamait rien au plaisir qu'elle sentait monter. Ces deux hommes étaient bien différents l'un de l'autre, mais leur complicité paraissait sans faille. Diane croisa le regard du barman et lui lança une œillade remplie de malice. C'est alors qu'elle se rendit compte que si les discussions avaient repris, les yeux étaient souvent tournés vers elle. Diane ne passait pas pour une femme libérée sexuellement. Elle était la traînée du bar, une gourgandine, une vraie catin. Elle n'osa pas soutenir les regards des mateurs et mateuses, mais cette pensée finit de la transporter.
Elle s'agrippa encore plus fermement aux deux hommes et entreprit de les branler sans retenue. Ils tentaient tous les deux de garder leur contenance, de retenir l'inexorable, mais leurs gémissements les trahissaient. Par moments, ils se souriaient, tentaient de juger si l'autre était au bord du précipice ou pas. Cela amusait franchement Diane, autant que cela l'excitait. Elle les regardait chacun leur tour, se léchait les lèvres ou se les mordillait en zieutant leurs pieux dressés dans ses mains. Elle devait avouer qu'ils étaient tous les deux plutôt endurants, en plus. Ses mains avaient de maintes fois fait monter des hommes en un rien de temps. Mais elle ne fut pas si surprise que cela en sentant que Michel était en train de craquer le premier. Il s'agrippa au comptoir en tentant de résister encore, mais Diane savait que le jeu était terminé.
-- Nous avons un gagnant, dit-elle en lâchant le sexe de Pascal.
Puis, sans trop se presser, mais sans tarder non plus, dans des gestes qu’elle espérait gâcieux, elle descendit de son tabouret et se pencha devant Michel. À peine eut-elle pris son gland en bouche qu'il lâcha son jus sur ses papilles ravies. Elle resta là un instant, à le suçoter en lui malaxant les couilles pour récupérer jusqu'à la dernière goutte, alors que Pascal rangeait son attirail avec un grand sourire.
-- Sans rancune ? lança-t-il à son ami en caressant la croupe tendue de Diane comme s'il s'agissait d'un trophée.
-- C'est le jeu, que veux-tu! lui répondit Michel après un dernier râle, tout en posant un billet sur le comptoir pour la tournée. Et puis je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment de perdant…
Ils rirent ensemble alors que Diane se relevait après avoir elle-même, et avec beaucoup de douceur, rangé le sexe de Michel dans son pantalon. Elle avait hâte de sentir son pieu large écarter ses chairs. Mais pour le moment, c'était Pascal qui terminerait la soirée avec elle. Elle vint se blottir contre lui en souriant à Michel, qui le lui rendit.
-- À mercredi, donc.
-- À mercredi, lui répondit Diane en prenant la main de Pascal. Je te l'emprunte pour la nuit, celui-là.
Michel se mit à rire pour de bon, et Diane tira Pascal vers la sortie. Alors qu'elle marchait, sentant son vagin palpiter d'envie, elle se dit qu'elle resterait sûrement en contact avec ces deux-là. Une fois qu'elle aurait appris à les connaître un peu, et à leur faire confiance, elle les inviterait sûrement ensemble. Puis elle repensa à ce qu'elle venait de faire, à tous ces regards qui lui criaient ce qui, d'habitude, auraient été des insultes, mais qu'elle avait, elle, pris pour des compliments.
Ce soir-là, alors que Pascal lui palpait autant les fesses que les seins sans ralentir le pas un seul instant, Diane comprit quelque chose. Si les femmes voulaient vraiment se libérer, elles devaient avant tout se libérer d'elles-mêmes. Ce n'était pas simplement une question de briser les normes sociales. À ces yeux, elles avaient leurs importances. Il s'agissait d'abord de vivre selon ses principes. Et si cela faisait d'elle une vraie salope aux yeux des gens, grand bien leur fasse! Elle serait cette garce, cette traînée, parce que c'est ce qu'elle était au fond d'elle. Qui ne l'était pas, en vérité, une fois que l'on s'acceptait pleinement? Diane était une femme qui aimait le sexe, vivait même par moments au gré de ses orgasmes. Elle le cachait, bien sûr, même à ses amants d'un soir. C'était sûrement pour ça qu'elle avait fait le choix de vivre seule, pour qu'aucun homme ne puisse voir cela en elle. Il était acceptable de se dévergonder le temps d'un soir, puis d'oublier. Vivre de cette manière au quotidien était une autre affaire. Et ce soir-là, Diane prit une décision: elle ne vivrait plus pour et à travers le regard des autres, elle vivrait comme elle l'entendait, puis elle ferait des adeptes, et les femmes se libèreraient vraiment petit à petit. Diane n'était pas une ingénue. Elle savait qu'elle passerait par des moments difficiles, mais elle savait aussi qu'elle ne lâcherait rien. Et cela commencerait ce soir, avec Pascal.
L'excitation était à son comble et Pascal n'eut que le temps de fermer la porte derrière lui, avant que Diane ne se défit avec grâce de sa combinaison, lui montrant qu'elle était nue en dessous. Il la regardait comme une proie qu'il s'apprêtait à dévorer et elle aima ça.
-- Voilà ton prix, lui lança-t-elle avec un air mutin.
Il s'approcha et la prit dans ses bras, plantant son regard clair dans le sien.
-- Tu me prends pour une vraie catin, hein? le provoqua-t-elle.
-- Pas du tout, répondit-il en vrai gentleman.
Elle lui sourit alors en coin avant de lui demander, sachant pertinemment ce que cela allait provoquer en lui, et pour le reste de la soirée:
-- Alors que dois-je faire pour que ce soit le cas?

