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07/01/2026

 

C’est sûrement le jour où Eva a rencontré Élise que sa vie a vraiment commencé. Eva est née Éric. Une femme dans un corps d’homme, avant même qu’elle ne le sache elle-même. Petit, Éric adorait les tenues de sa mère. Tout le monde se disait que la fonction œdipienne fonctionnait à merveille et qu’il était simplement émerveillé par sa mère et tout ce qui avait trait à elle. Mais l’œdipe s’est confronté au Nom du Père et tout est revenu dans l’ordre. Éric a commencé à être attiré par d’autres femmes… ou plutôt filles, à son âge. D’ailleurs, il était plutôt du genre Don Juan, le petit Éric !
Ce que les adultes ne savaient pas, et ce que lui-même ne comprenait pas tout à fait encore, c’était qu’Éric était lesbienne. S’il avait autant de succès auprès des filles, c’était surtout parce qu’il était une d’elles. Il les comprenait, aimait les mêmes choses. Et adorait être aussi populaire auprès des filles ! Il arrivait à une des copines de primaire de jouer à la poupée avec Éric. Ce n’était pas un jeu où les poupées de Dany (ladite copine) étaient mises en scène. Non, Éric était la poupée, et Dany le maquillait, l’habillait de robes, lui mettait les talons de sa mère. Dany et Éric adoraient ces moments, mais ils savaient tous les deux qu’il ne fallait pas se faire surprendre par les adultes.
Arrivé au collège, les choses se sont un peu corsées. En grandissant, Éric était de plus en plus gêné par son sexe. Dans tous les sens du terme. D’abord, ce bout de chair, qui grandissait entre ses jambes. Mais ce n’était pas vraiment le pire. C’était surtout le sexe qu’on lui donnait. Les garçons de son âge trainaient en bandes de garçons, les filles de son âge trainaient en bandes de filles. Les garçons le rejetaient pour ses manières efféminées, les filles le rejetaient pour son apparence de garçon. Il aurait tant aimé être une fille et pouvoir trainer avec elles !
Les années collège ont été rudes et solitaires. Il s’était bien fait quelques amis parmi les moins populaires, et il était même sorti avec une fille pendant quelques semaines. Mais même elle n’avait pas réussi à voir qui il était vraiment. Les adolescents sont durs entre eux et c’est plein d’espoir qu’il est arrivé au lycée. Pendant cette période collégienne, ses propres parents s’étaient posé des questions. Ses manières, son attirance pour « les trucs de filles », n’étaient passées inaperçues. Au moins, à la maison, il trouvait du réconfort. Ses parents lui avaient bien dit et répété que s’il aimait les garçons et était homo, ça ne leur poserait aucun problème et qu’il pouvait leur en parler quand il voulait. Mais il ne l’avait pas fait. Parce qu’il savait qu’il n’était pas homo : il était un homme qui aimait les femmes, après tout ! Il ne se comprenait pas lui-même, alors comment pouvait-il leur en parler ?
Là-bas, les garçons commençaient à ressembler à de petits hommes, et les filles à de petites femmes, même si la plupart avait quasiment leur taille adulte. Les plaisirs de la chair titillaient Éric plus que jamais. Mais de moins en moins, il ne supportait son corps. Ces poils qui commençaient à apparaître sur son pubis, son duvet sur le visage qui commençait à prendre une teinte de jais… Chaque matin, il se rasait ces deux endroits, afin de conserver son corps de tout jeune homme et son apparence juvénile proche de la féminité.
Au lycée, les gens étaient un peu plus tolérants. Il y avait forcément les gros lourds qui se moquaient de lui, mais cette fois, les amis ne lui manquaient pas. Des amis à qui il a pu se confier. C’est d’ailleurs Antoine qui avait mis un nom sur ce qu’il ressentait depuis si longtemps : « trans ». Ce fut une révolution, dans le cœur d’Éric. S’il y avait un mot pour décrire ce qu’il était, c’est qu’il n’était pas le seul ! Antoine et lui creusèrent le sujet, jusqu’à apprendre qu’un trans n’était pas forcément un homme qui s’habillait en femme : un homme pouvait devenir une femme.
C’est donc en fin de seconde qu’il a décidé d’en parler à ses parents. Il avait été difficile de parler de quelque chose qu’il ne maîtrisait pas vraiment, mais il avait axé la discussion sur ses ressentis. Depuis tout petit, il se sentait fille, et maintenant jeune femme. Toutes ces années, il avait fait taire cette partie de lui, mais il désirait ardemment la découvrir pleinement. Ce ne fut pas si difficile qu’il l’aurait cru pour ses parents. Il en avait les larmes aux yeux, à tel point il était touché par leur amour inconditionnel.
La semaine suivante, il avait rendez-vous chez un médecin, où il se rendit avec sa mère. Celle-ci avait aussi insisté pour qu’il soit suivi avec un psychologue, au moins le temps du traitement. Tout était allé si vite… C’était comme un rêve ! Avant la fin de l’année scolaire, il avait commencé le traitement, soutenu par ses deux parents, et même par ses ami.es.
Ce n’était pourtant que le début d’un long combat. Socialement, Éric est rapidement devenu Eva. Rien que cela avait un processus des plus intrigants. Choisir son propre prénom ! Elle avait voulu que dans celui-ci, on puisse retrouver une trace (ne serait-ce que sonore) du choix de ses parents à sa naissance. Les démarches administratives avaient été des plus fastidieuses. Les réseaux sociaux avaient été implacables et cruels, mais la psychologue d’Eva avait été d’une grande aide et elle avait réussi à traverser ce tumulte jusqu’à devenir complètement Eva, sans avoir à changer de lycée. Lycée qui avait été très aidant.
Les premiers temps, elle préférait rester dans les vestiaires des garçons pour le sport. Mais dès que son traitement avait fait apparaître une poitrine clairement féminine, elle avait demandé à pouvoir rejoindre le vestiaire des filles. Après une discussion avec l’infirmière, et un coup de fil de sa psychologue au proviseur, ça avait été accepté. Un peu plus difficilement auprès des filles elles-mêmes, qui avaient su que malgré son corps de femme, Eva était attirée par les filles… et que ses culottes ne cachaient aucunement ce qui lui restait d’attribut masculin. C’est donc par son attitude qu’Eva a réussi à se faire accepter dans ce vestiaire. Et c’est sûrement à partir de là que les choses ont commencé à vraiment s’améliorer.
La baisse de libido était derrière elle, et les désirs ont donc pu s’exprimer plus librement. Même si sa nouvelle situation posait un autre genre de problème : Eva était maintenant une femme qui aimait les femmes ! Finalement, ce sont ses parents qui avaient raison : elle était bien homo !
En terminale, elle s’affichait pour la première fois avec une petite amie. Ses parents étaient aux anges, ses amis faisaient tout pour réagir comme si de rien n’était, et les rageux avaient repris un peu de poil de la bête. C’est d’ailleurs pour cette dernière raison qu’elle avait terminé l’année célibataire. Il n’y avait pas eu grand-chose de sexuel entre elles en vérité, mais Eva avait pu goûter à ce que pourrait devenir sa vie si elle trouvait une femme à son goût et assez ouverte à sa particularité pour l’assumer complètement.
Et c’est en école d’infirmière que cela est arrivé. Élise était une autre femme particulière : elle était bisexuelle. Le courant était vite bien passé entre elles, même si Eva n’avait pas osé afficher au grand jour ce qu’elle était réellement. Quoi qu’en y réfléchissant, ce n’était pas tant que ça une histoire d’oser ou pas. Eva voulait être vue comme une femme, et non comme un homme trans. Elle avait donc tu cela et savourait le fait de s’intégrer auprès des femmes en tant que femme.
Élise n’est pas le genre de femme qui passe par quatre chemins lorsqu’elle désire quelque chose. Eva a donc assez rapidement remarqué que cette nouvelle amie lui voulait beaucoup de bien. Dès leur premier baiser, elle s’est sentie obligée de le lui préciser. Élise a ricané, bien que ce n’était pas pour se moquer.
-- Je ne voudrais pas dire, mais ça se voit un peu, quand tu portes un pantalon!
Eva avait rougi, était devenue pivoine. Mais elle a aussitôt senti la main d'Élise se poser sur son entre-jambe.
-- Ne vas pas croire que je voie ça uniquement comme une expérience, Eva. Tu me plais énormément.
Eva restait pourtant prostrée, sentant son membre viril grossir. Cette partie d'elle qu'elle trouvait honteuse, mais dont elle ne voulait pas se séparer non plus. La question avait été traitée avec sa psychologue. C'était d'ailleurs un point assez crucial, mais il en était ressorti que même si elle voulait l'oublier, ce qu'elle avait été avant Eva faisait partie d'Eva. Et cette partie-là ne semblait pas faire peur à Élise. Tout le contraire!
Pour alors, la poitrine d'Eva avait atteint des proportions tout à fait plaisantes. Les rasages, du visage particulièrement, s'étaient grandement espacés et elle ne s'en souciait plus autant qu'au début. Il lui semblait même que suite à avoir accepté, ou plutôt décidé de garder son sexe masculin, celui-ci avait grossi. Mais elle se disait aussi qu'elle ne l'avait peut-être pas vu grandir parce qu'elle ne le regardait que très peu. Éric se masturbait très peu, pour un adolescent. Elle pouvait peut-être compter sur les doigts de ses mains le nombre de fois où il s'était branlé.
Le jour du premier baiser avec Élise, Eva a enfin connu l'orgasme. Elle avait été maladroite, avait joui trop rapidement la première fois, mais Élise était une amante attentive et patiente. Elle a tout appris auprès d'Élise, elle s'est découverte et s'est épanouie auprès d'Élise. Elle a ri avec elle, tellement ri ! Mais elle a aussi pleuré, parce qu'Élise ne concevait pas le couple comme quelque chose d'exclusif. Eva avait essayé de la comprendre, de la laisser faire. Mais c'était plus fort qu'elle: elle ne supportait pas l'idée de la savoir avec quelqu'un d'autre. Eva et Élise se sont donc quittées d'un commun accord. Et aujourd'hui encore, elle repense à elle avec nostalgie. Alors lui vient cette image, de ce jour d'été. Une balade en nature.
Eva portait un débardeur et un shorty moulant, sa casquette vissée sur ses longs cheveux blonds. Pas de sous-vêtements. Élise avait, elle, opté pour un legging, étant plus frileuse. Elles s'étaient promenées main dans la main, croisant des gens qui pensaient voir deux femmes lesbiennes. Eva avait voulu l'embrasser en public, comme ça lui prenait souvent. Élise aimait ça, aussi. Il y avait un petit côté transgressif qui les faisait vibrer toutes les deux. Leur baiser s'était un peu éternisé, Eva s'était sentie un peu plus serrée dans son shorty. Élise l'avait senti aussi et sa main était discrètement venue terminer de faire durcir sa queue. Alors Élise s'était un peu écartée d'elle. Eva s'était retrouvée avec son érection que personne ne pouvait rater. Alors en riant, Élise l'avait prise par la main et l'avait emmenée un peu plus loin, dans un coin plus tranquille. Elle avait aussitôt baissé son shorty et agenouillée. Élise adorait sucer Eva, elle se régalait de son membre autant que de son jus. L'endroit était certes plus tranquille, mais les promeneurs qui passaient sur le chemin pouvaient facilement les voir, et cela les excitait autant l'une que l'autre. Élise l'avait violemment sucée, cognant son gland turgescent au fond de sa gorge tout en malaxant ses seins. Parfois, Eva aurait aimé avoir un vagin et savoir ce que ça faisait que d'être pénétrée par là. Élise lui avait que c'était bien différent de la sodomie. Mais le plaisir que lui procurait Élise à chaque était tellement intense qu'elle n'arrivait pas à imaginer que ça puisse être plus puissant encore. Élise avait récolté son sperme sur ses gros seins et elles avaient repris leur promenade, le débardeur d'Élise tâché et souillé.
Oui, Eva y repensait souvent, à ce moment. Car c'est sûrement là, où à un autre moment du même genre, qu'elle avait compris et accepté qui elle était au plus profond d'elle.
 
 
 
08/01/2026
 
À peine 10 ans après Mai 68, tous les milieux sociaux s'étaient libérés, ou presque. En tout cas, c'est ce que pensait Diane. Les métiers dits "de bureau" avaient explosé après-guerre, et ils étaient en plein essor. Diane était une belle femme de cette nouvelle classe sociale qu'on appelait "moyenne", pour partie issue de la petite bourgeoisie, ainsi que du prolétariat, pour ceux qui avaient su profiter des 30 Glorieuses pour se hisser jusque-là. Diane était un vrai produit de son époque. Elle adorait la mode et s'était abonnée à deux revues sur le sujet grâce à son salaire de secrétaire dans un journal local en plein boom. Elle aimait aussi beaucoup lire, des polars particulièrement, parce qu'ils étaient du genre transgressif.
La transgression, elle avait ça dans le sang. Biberonnée aux idées de la révolution féminine en marche, Diane vivait seule par choix. Non pas qu'elle n'aimait pas les hommes, bien au contraire! Elle les aimait virils, et même un brin cynique. Oui, elle aimait les hommes qui savaient la mener sur les chemins de l'insolence. Elle aimait par-dessus tout l'ébullition qui faisait le quotidien de son travail. Ces hommes pleins d'engouement qui braillaient leurs ordres, ces machines qui fonctionnaient sans arrêt, ces réunions qui se passaient dans des salles qui humaient bon la sueur, l'alcool et le tabac. Ces hommes-là vivaient à fond, sans se soucier de quoi demain serait fait. Et par-dessus tout, elle aimait les regards qu'ils posaient sur elle lorsqu'elle leur apportait de quoi s'hydrater ou se sustenter. Parfois, même, elle appréciait qu'une main hardie se pose sur ses hanches, voire carrément sur ses fesses. Mais uniquement lorsque c'était fait discrètement, et par un homme avec qui elle aurait pu coucher. Hors de question que ce gros lard de Jacques ose ne serait-ce que poser son regard plein de graisse sur ses fesses rondes, par exemple. Car Diane n'hésitait pas à faire un scandale lorsqu'elle n'appréciait pas quelque chose de ce genre. Elle savait comment s'y prendre et auprès de qui se plaindre pour ne pas passer pour une mégère un peu trop prude.
Parce que s'il y avait bien une chose que Diane n'était pas, c'était prude! Et ce soir-là, elle allait encore se le prouver. Car la liberté sexuelle est un combat à mener tous les jours, particulièrement lorsque l'on est une femme, et elle le savait pertinemment. Enfin, tous les jours… Il ne fallait pas exagérer, quand même. Diane ramenait facilement un homme chez elle, mais pas tous les jours, non plus. Pour le quotidien, elle avait son "masseur de joue". Elle était persuadée que certains hommes ne se doutaient pas une seconde de l'utilisation qu'en faisait leur femme!
Diane se préparait donc à sortir. Elle donnait du volume à sa crinière dorée et fignolait sa frange, avant de passer sa combinaison pantalon rouge, avec son joli décolleté. Serrée à la taille, elle mettait son joli cul en valeur, en plus de lui permettre de ne porter aucun sous-vêtement. Ses ongles étaient fraîchement vernis de rouge, couleur de la passion, et elle se maquilla attentivement devant la glace. Juste ce qu'il fallait sans en faire trop. Elle termina en passant son collier doré qui attirait subtilement le regard vers son décolleté. Avant de sortir, elle s'assura que son appartement était en ordre. Elle avait beau savoir que si elle ramenait un homme ce soir, il n'en aurait sûrement rien à faire de l'état de son appartement, elle mettait un point d'honneur à ce que tout soit parfait. D'ailleurs, elle mettait toujours des draps propres sur son lit.
Le bar sur lequel elle avait jeté son dévolu pour cette soirée était déjà bien rempli. Le comptoir n'était heureusement pas assailli. C'était là qu'elle se plaçait toujours. Parce que tout le monde passait forcément par là et la remarquerait. Une jeune et belle femme seule dans un endroit bondé d'hommes enivrés par l'alcool. Elle ne restait jamais seule bien longtemps.
Elle s'installa donc au comptoir. La musique était entrainante (du disco dont la basse était au moins aussi ensorcelante qu'une piña colada bien fraîche), les discussions allaient bon train, les rires fusaient. Elle se posa sur un tabouret, au beau milieu du comptoir, et sourit au barman avant de lui commander un gin tonic menthe concombre. Pendant qu'il s'affairait joyeusement en rythme avec la musique, elle s'alluma une cigarette et regardait autour d'elle. Des groupes d'hommes et de femmes, pour beaucoup, où les hommes semblaient parler entre eux, et les femmes riaient entre elles. Rien de nouveau pour Diane. Elle fut plus intéressée en voyant deux hommes assis à une petite table, qui discutaient visiblement d'une affaire importante. Ou peut-être étaient-ils simplement en train de refaire le monde. Ils étaient chics, dans leur costume. L'un des deux était brun aux cheveux courts, un visage assez rude qui plaisait beaucoup à Diane. Le deuxième avait des traits plus enfantins. Il était plus souriant, semblait plus avenant. Diane préférait l'attitude du premier, mais le deuxième avait des cheveux clairs, fins et brillants, bien plus longs que ceux du premier. Elle s'imaginait déjà s'y agripper en jouissant bruyamment.
Dès qu'elle vit ce dernier poser les yeux sur elle (sûrement se sentait-il scruté par la belle blonde au comptoir), elle se mordit discrètement la lèvre inférieure. Et comme si le barman l'avait fait exprès, il vint poser le verre devant elle et elle dut quitter le contact. Timing parfait, se dit-elle. Elle sourit joyeusement au barman et glissa un billet en lui disant de garder la monnaie. Il lui sourit de plus belle et reprit son travail après l'avoir remerciée. La cloche du pourboire sonna et des acclamations joyeuses se firent entendre.
Diane regardait maintenant devant elle. Le contact avait été pris, et c'était à l'homme de faire le reste. Elle n'eut pas le temps de terminer sa cigarette qu'elle se retrouva entourée des deux hommes. Elle remarqua immédiatement leurs alliances et sourit intérieurement.
-- Mon ami et moi souhaitions vous offrir ce verre, mais vous nous avez devancés, lui dit le brun d'un ton un peu rustre qui fit vibrer Diane. Il faudra en boire un autre, ajouta-t-il avec un sourire en coin.
Ayant maintes fois entendu les blagues que se faisaient les hommes, elle lui répondit en minaudant un peu:
-- Ça tombe bien, je ne repars jamais sur une seule jambe.
L'autre ne disait rien et restait près d'elle en la déshabillant littéralement du regard. Elle se tourna légèrement vers lui, se mordit à nouveau la lèvre en tressaillant de toute son âme de se faire dévisager ainsi. Un instant, elle eut l'impression d'être totalement nue.
-- Je m'appelle Diane, lui dit-elle en trinquant avec lui.
-- Enchanté Diane. Moi, c'est Pascal.
-- Enchanté Diane, répondit le brun en trinquant à son tour. Michel. Vous attendez quelqu'un, peut-être?
-- Oh non, malheureusement! Disons que… je suis plutôt en recherche de compagnie.
Les dés étaient jetés. Il n'y avait qu'un nigaud pour ne pas comprendre ce qu'elle venait de dire. Et ni Michel, ni Pascal ne l'était. Ils se regardèrent une seconde, d'un air entendu.
-- Voilà qui est heureux, lui lança Pascal. Nous ne serions pas contre une bonne compagnie nous aussi.
Discrètement, il avait posé sa main dans le bas de son dos. Elle s'était attendue à ce que Michel soit le plus entreprenant des deux, mais elle ne s'en soucia pas. En fait, elle se rendit compte que Michel était sûrement le moins à l'aise dans cette situation. Malgré tout, alors que Diane but une bonne gorgée de son breuvage, il se risqua lui aussi à mettre la main dans son dos. Elle le regarda sur sa gauche, puis Pascal sur sa droite. Un instant, elle s'imagina les ramener tous les deux chez elle. Sucer Michel pendant que Pascal la prendrait en levrette, puis vice versa. Qu'il devait bon d'être aimée par deux hommes en même temps! Ce genre d'idées la rendait lascive, mais elle revint à la réalité avant de complètement déraper. Diane aimait contrôler les choses, et il lui serait impossible de contrôler deux hommes en rut sous l'emprise de l'alcool. Elle termina alors son verre d'un trait, l'abandonna sur le comptoir, et posa directement ses mains sur l'entre-jambe des hommes qui l'entouraient. Par réflexe, et surpris par ce geste, ils se regardèrent l'un l'autre, comme si l'affaire était entendue et que la soirée se terminerait à trois.
-- Messieurs, leur dit-elle d'un ton un peu pompeux en massant légèrement leur bosse qui commençait à se former. Il est temps de me payer ce verre.
Michel s'empressa de héler le barman et commanda un gin tonic menthe concombre, une bière pour lui et un whiskey pour Pascal, pendant que le serveur souriait en regardant les mains de Diane s'appliquer à les faire grossir.
-- Je dois vous dire quelque chose, murmura-t-elle presque, de façon à ce qu'ils doivent se pencher pour l'écouter. Nous sommes trois… Et mon lit n'a que deux places. Sachant que j'en prends une, je serais obligée de n'en choisir qu'un… pour ce soir, en tout cas.
Pour alors, elle les sentait déjà bien durs, l'un comme l'autre. À travers les tissus, elle avait du mal à jauger, mais Michel semblait plus épais, alors que Pascal plus long. Elle avait ajouté ces derniers mots parce qu'elle n'arrivait pas à décider lequel des deux elle préférait. Elle voulait les deux. Alors elle se jura que celui qu'elle n'aurait pas ce soir, elle l'aurait un autre jour. Elle remarqua bien leur mine un peu déconfite par la déception, et un instant, elle crut qu'ils allaient la délaisser. C'est alors que lui vint une idée qui lui fit un peu honte. Elle n'aurait jamais osé leur dire ça si elle avait reconnu quelqu'un dans la salle. Mais après tout, le barman lui-même ne semblait pas avoir été outré par les palpations qu'il avait surpris. Elle se lança donc, dans l'espoir de revoir les deux hommes sourire:
-- Je vous propose un petit jeu, leur dit-elle avec un air mutin.
Aussitôt, leurs mines déconfites se changèrent en intérêt soudain.
-- Je m'occupe de vous, avec mes mains. Ici, au comptoir. Le premier de vous deux qui jouit paye la tournée. L'autre vient chez moi. En compensation, celui qui aura payé la tournée pourra demander mon adresse à l'autre, et aura le droit de venir, n'importe quel mercredi de ce mois-ci, à partir de 22h, sonner à ma porte pour avoir le droit à son tour… Qu'en dites-vous?
-- J'en suis! s'exclama gaiement Michel.
Pascal ricanait un peu nerveusement, mais Diane savait qu'il accepterait aussi, à voir l'étincelle qui brillait dans ses yeux. Le barman arriva avec les boissons et les posa avant de repartir, appelé par d'autres clients.
-- Nous cherchions une bonne compagnie, lui répondit enfin Pascal. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi excellente!
Sur ce, il défit lui-même sa braguette et sortit son engin. Diane ricana en voyant les clients capables de voir ce qui se passait avoir un visage outré. Mais à sa grande surprise, personne ne fit scandale. Chacun reprit sa discussion comme si de rien n'était, ou presque. Michel avait suivi son ami dans le geste et bientôt Diane se retrouva à les caresser en même temps. Elle les caressa d'abord de toute leur longueur. Elle aimait aussi malaxer les boules, alors elle les fit sortir des pantalons. Après tout, puisqu'il n'était plus question de discrétion, autant qu'elle prenne tout le plaisir qu'elle pouvait. Elle commença par Michel, en lui souriant, décalottant son gland en passant sa deuxième main par-dessous pour attraper ses bourses et les sortir de là. Un instant, elle prit sur elle pour ne pas se pencher et le sucer. Le jeu était qu'elle ne devait utiliser que ses mains. Elle passa donc à Pascal et fit de même.
Rapidement, Michel parut encore le moins à l'aise des deux. Il s'alluma une cigarette et plongea le nez dans son verre alors que Diane se mettait à les astiquer plus franchement. Pascal, lui, vint plus contre elle et posa une main sur sa cuisse. Elle se léchait les babines en se demandant laquelle de ces queues allait la faire jouir ce soir.
-- Vous avez les mains douces, Diane, lui dit Pascal en caressant sa cuisse.
-- Et expertes, rajouta Michel en essayant de se détendre.
-- Et vous, messieurs, êtes si durs…
Diane était trempée d'excitation. Même le fait de s'appliquer à prodiguer la même pression, les mêmes caresses d'un côté comme de l'autre, n'entamait rien au plaisir qu'elle sentait monter. Ces deux hommes étaient bien différents l'un de l'autre, mais leur complicité paraissait sans faille. Diane croisa le regard du barman et lui lança une œillade remplie de malice. C'est alors qu'elle se rendit compte que si les discussions avaient repris, les yeux étaient souvent tournés vers elle. Diane ne passait pas pour une femme libérée sexuellement. Elle était la traînée du bar, une gourgandine, une vraie catin. Elle n'osa pas soutenir les regards des mateurs et mateuses, mais cette pensée finit de la transporter.
Elle s'agrippa encore plus fermement aux deux hommes et entreprit de les branler sans retenue. Ils tentaient tous les deux de garder leur contenance, de retenir l'inexorable, mais leurs gémissements les trahissaient. Par moments, ils se souriaient, tentaient de juger si l'autre était au bord du précipice ou pas. Cela amusait franchement Diane, autant que cela l'excitait. Elle les regardait chacun leur tour, se léchait les lèvres ou se les mordillait en zieutant leurs pieux dressés dans ses mains. Elle devait avouer qu'ils étaient tous les deux plutôt endurants, en plus. Ses mains avaient de maintes fois fait monter des hommes en un rien de temps. Mais elle ne fut pas si surprise que cela en sentant que Michel était en train de craquer le premier. Il s'agrippa au comptoir en tentant de résister encore, mais Diane savait que le jeu était terminé.
-- Nous avons un gagnant, dit-elle en lâchant le sexe de Pascal.
Puis, sans trop se presser, mais sans tarder non plus, dans des gestes qu’elle espérait gâcieux, elle descendit de son tabouret et se pencha devant Michel. À peine eut-elle pris son gland en bouche qu'il lâcha son jus sur ses papilles ravies. Elle resta là un instant, à le suçoter en lui malaxant les couilles pour récupérer jusqu'à la dernière goutte, alors que Pascal rangeait son attirail avec un grand sourire.
-- Sans rancune ? lança-t-il à son ami en caressant la croupe tendue de Diane comme s'il s'agissait d'un trophée.
-- C'est le jeu, que veux-tu! lui répondit Michel après un dernier râle, tout en posant un billet sur le comptoir pour la tournée. Et puis je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment de perdant…
Ils rirent ensemble alors que Diane se relevait après avoir elle-même, et avec beaucoup de douceur, rangé le sexe de Michel dans son pantalon. Elle avait hâte de sentir son pieu large écarter ses chairs. Mais pour le moment, c'était Pascal qui terminerait la soirée avec elle. Elle vint se blottir contre lui en souriant à Michel, qui le lui rendit.
-- À mercredi, donc.
-- À mercredi, lui répondit Diane en prenant la main de Pascal. Je te l'emprunte pour la nuit, celui-là.
Michel se mit à rire pour de bon, et Diane tira Pascal vers la sortie. Alors qu'elle marchait, sentant son vagin palpiter d'envie, elle se dit qu'elle resterait sûrement en contact avec ces deux-là. Une fois qu'elle aurait appris à les connaître un peu, et à leur faire confiance, elle les inviterait sûrement ensemble. Puis elle repensa à ce qu'elle venait de faire, à tous ces regards qui lui criaient ce qui, d'habitude, auraient été des insultes, mais qu'elle avait, elle, pris pour des compliments.
Ce soir-là, alors que Pascal lui palpait autant les fesses que les seins sans ralentir le pas un seul instant, Diane comprit quelque chose. Si les femmes voulaient vraiment se libérer, elles devaient avant tout se libérer d'elles-mêmes. Ce n'était pas simplement une question de briser les normes sociales. À ces yeux, elles avaient leurs importances. Il s'agissait d'abord de vivre selon ses principes. Et si cela faisait d'elle une vraie salope aux yeux des gens, grand bien leur fasse! Elle serait cette garce, cette traînée, parce que c'est ce qu'elle était au fond d'elle. Qui ne l'était pas, en vérité, une fois que l'on s'acceptait pleinement? Diane était une femme qui aimait le sexe, vivait même par moments au gré de ses orgasmes. Elle le cachait, bien sûr, même à ses amants d'un soir. C'était sûrement pour ça qu'elle avait fait le choix de vivre seule, pour qu'aucun homme ne puisse voir cela en elle. Il était acceptable de se dévergonder le temps d'un soir, puis d'oublier. Vivre de cette manière au quotidien était une autre affaire. Et ce soir-là, Diane prit une décision: elle ne vivrait plus pour et à travers le regard des autres, elle vivrait comme elle l'entendait, puis elle ferait des adeptes, et les femmes se libèreraient vraiment petit à petit. Diane n'était pas une ingénue. Elle savait qu'elle passerait par des moments difficiles, mais elle savait aussi qu'elle ne lâcherait rien. Et cela commencerait ce soir, avec Pascal.
L'excitation était à son comble et Pascal n'eut que le temps de fermer la porte derrière lui, avant que Diane ne se défit avec grâce de sa combinaison, lui montrant qu'elle était nue en dessous. Il la regardait comme une proie qu'il s'apprêtait à dévorer et elle aima ça.
-- Voilà ton prix, lui lança-t-elle avec un air mutin.
Il s'approcha et la prit dans ses bras, plantant son regard clair dans le sien.
-- Tu me prends pour une vraie catin, hein? le provoqua-t-elle.
-- Pas du tout, répondit-il en vrai gentleman.
Elle lui sourit alors en coin avant de lui demander, sachant pertinemment ce que cela allait provoquer en lui, et pour le reste de la soirée:
-- Alors que dois-je faire pour que ce soit le cas?
 
 
 

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